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Déc 02

Pour un moratoire sur l’utilisation du Taser

Bravant le froid et la neige, une centaine de personnes se sont réunies en fin de journée mercredi 1er décembre Place-des-Droits-de-l’Homme à Colombes, pour dénoncer la dangerosité du Taser, demander un moratoire, voire son interdiction. Ce rassemblement était organisé par le Front de gauche (PCF, PG,  GU) de la ville mais plusieurs associations et partis politiques dont la Ligue des droits de l’Homme, les Motivées, Europe-écologie-Les Verts, le PS ou le NPA s’y sont associés. Plusieurs représentants de ces organisations ont pris la parole. En ce qui me concerne voici les quelques mots que j’ai prononcés :

« Plus que jamais nous devons exiger des pouvoirs publics un moratoire immédiat sur les Tasers.

En effet, les premières constatations de l’autopsie sont très loin de mettre le Taser hors de cause dans le décès de Mamadou. Celles-ci expliquent que Mamadou serait mort d’une asphyxie aigue et massive par inhalation de gaz (le gaz lacrymogène dont il a été aspergé). Mais le médecin légiste ajoute qu’il a également constaté que son cœur était dur et contracté.  Dès lors, on peut imaginer que s’il n’avait pas reçu par deux fois des décharges de 50.000 volts il aurait pu être sauvé de l’asphyxie par les pompiers sur place.

Contrairement à ce que voudrait nous faire croire son distributeur français le Taser peut être mortel de façon directe ou indirecte. En témoigne par exemple un  petit livre publié à la mi-octobre par Taser International qui reconnait que le risque d’un problème cardiaque est possible. D’ailleurs aujourd’hui la firme présente le taser comme une « arme moins mortelle » alors qu’il y a peu encore elle la déclarait comme une « arme non mortelle ».

Les risques sont régulièrement dénoncés. En France le Conseil d’Etat s’était inquiété de l’utilisation du Taser lors de l’examen d’un décret permettant d’en doter les polices municipales. Cela n’a pas découragé le gouvernement qui en mai cette année a pris un nouveau décret accompagné cette fois d’un arrêté listant les précautions à prendre. Je vous en livre quelques passages :

« Article 2 : (…) Il est interdit de viser la tête et le cou.

Article 2 : (…) L’usage du pistolet est déconseillé à l’encontre de personnes portant des vêtements manifestement humides, imprégnés de liquides ou vapeurs inflammables, de personnes blessées sujettes à des saignements importants ainsi qu’à l’encontre des personnes présentant un état de vulnérabilité particulière.

Article 4 : L’usage du pistolet à impulsion électriques est interdit : (…) à l’encontre des femmes enceintes (…)

Article 5 : (…) La répétition de tir ne peut être effectuée que si elle s’avère indispensable au regard des impératifs de sécurité des personnes. (…) »

Les contre-indications sont tellement nombreuses qu’il ne fait pas de doute le Taser devrait être interdit. »

Des proches et membres de la famille de Mamadou avaient fait le déplacement et nous ont remerciés de cette initiative. Le rassemblement s’est terminé par une minute de silence en sa mémoire.

Post-scriptum: Retrouvez plus de photos de ce rassemblement sur la Photothèque du mouvement social.

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