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Mar 20

Un choix d’avenir

20130602_Colombes_0020Contrairement à ce qu’affirme L’Humanité (18 mars) dans un article titré « L’inquiétant calme au PS »« la liste menée par Adda Bekkouche » à Colombes n’a pas été constituée « sous l’égide du Parti de gauche ». Aucun membre du Parti de Gauche ne figure d’ailleurs sur cette liste qui rassemble, autour des Motivé(e)s, la Gauche unitaire, le POI, avec le soutien des Alternatifs, car ceux-ci imposaient le maintien de la liste au second tour, quoi qu’il arrive : refus de toute fusion technique, de tout désistement et de tout appel à voter pour une autre liste. Ce positionnement est d’ailleurs le principal argument de campagne de cette liste au programme pour le moins sommaire, comme chacun peut le constater en consultant son site. Le Parti de gauche de Colombes, opposé à cette politique de la terre brûlée, souhaitait que l’ensemble des colistiers décide démocratiquement de la position de la liste au second tour à l’issue du premier tour, et au vu du rapport de forces. Cela nous a été refusé.

En conséquence, nous nous sommes retirés de la table de négociation. Nous n’avions pourtant pas ménagé nos efforts pour parvenir à une liste de large rassemblement opposée aux politiques austéritaires initiées par l’Union européenne et appliquées avec zèle par le gouvernement Ayrault.

L’union de nous souhaitions

Pour comprendre il faut remonter à l’an passé. Très tôt, vers le mois de février, le Parti de gauche s’est préoccupé des municipales. Pour ses militants, pas question de faire liste commune au premier tour avec les socialistes qui, par leurs discours ou leurs silences, cautionnent des politiques austéritaires. Qui soutiennent un gouvernement ayant approuvé, avec la droite, le traité budgétaire européen. Qui a accordé 20 milliards € de cadeaux aux entreprises sans aucune contrepartie, fait voter une loi dite « de sécurisation de l’emploi » facilitant les licenciements et permettant de baisser les salaires, et une autre pour reculer l’âge du départ en retraite. Qui encore a décidé d’augmenter la TVA et de tailler dans les dépenses publiques, y compris celles des collectivités locales… Il est impossible en effet, pour nous, de dissocier la politique locale de la politique nationale qui restreint régulièrement les ressources des collectivités territoriales et augmente leurs charges, comme on l’a vu avec la réforme des rythmes scolaires, et surtout avec la baisse des dotations de l’Etat.

Nous nous sommes donc attelés à la constitution d’une liste rassemblant l’opposition de gauche à la politique du gouvernement Hollande-Ayrault. Nous nous sommes tournés vers nos partenaires naturels du Front de Gauche (le PCF, Gauche unitaire, Les Alternatifs, dont le représentant sur la ville, Jean-Louis Le Bourhis est subitement décédé). Nous avons également contacté les Motivé(e)s, EELV et le POI. Nous avons assez rapidement compris que Les Verts de Colombes ne suivraient pas l’exemple de leurs collègues de Clichy ou Bois-Colombes, et repartiraient dès le premier tour avec Philippe Sarre (PS)  Nous savions que les débats seraient âpres chez nos camarades communistes qui ont de nombreux élus sortants. Ils se sont conclus par un vote analogue à celui des Verts. Quant aux autres mouvements politiques, ils trainaient des pieds.

Deux désaccords majeurs

Nous sommes cependant parvenus à réunir à la rentrée de septembre des militants des Motivé(e)s, GU, Alternatifs et POI. Mais si les discussions ont montré que mes prises de position au sein du conseil municipal étaient appréciées et nous laissaient entrevoir qu’un consensus pourrait être trouvé sur le programme d’une liste commune, elles se sont vite durcies sur la stratégie.

Pour nous, il n’était pas question de cibler exclusivement nos attaques sur le maire sortant et d’oublier quelle avait été la gestion de la droite dont la ville a pâti entre 2001 et 2008. Or, l’objectif de nos interlocuteurs, formulé dans une note, était de « s’opposer à la droite et de combattre le PS » ; un membre des Motivé(e)s a même déclaré, sans être désavoué, avoir été « heureux » quand, en 2001, la liste de gauche conduite par Dominique Frelaut (PCF) avait été battue par Nicole Goueta, alors au RPF de Charles Pasqua.

Pas question non plus d’accepter un positionnement intransigeant au second tour : ce n’est ni la position nationale du Parti de gauche, ni d’aucune des huit autres formations qui composent le Front de gauche. Cette intransigeance étant posée comme une condition sine qua non pour participer à la liste, nous nous sommes retirés début novembre de la table des négociations.

Nous aurions pu, comme certains nous l’ont demandé, nous lancer dans la constitution d’une autre liste. Mais le temps manquait pour rassembler 53 noms qui puissent représenter les Colombiens dans leur diversité. Et nous refusions de faire nombre avec maris, femmes et enfants, comme c’est trop souvent le cas et notamment à Colombes avec la liste conduite par Adda Bekkouche.

Ni vote utile, ni vote inutile

Absents des listes municipales dimanche 23 mars, nous ne donnons pas de consignes de vote à ce stade. Les 4 505 électeurs colombiens de Jean-Luc Mélenchon en 2012 savent ce qu’ils ont à faire. En ce qui nous concerne, ce n’est pas parce que nous dénonçons de longue date le pseudo-vote utile auquel le PS appelle (à chaque élection) les électeurs, que nous sommes disposés à émettre un vote inutile.

Nous ne nous désintéressons pas pour autant de l’avenir de Colombes. Nous continuons simplement à prendre part aux débats locaux par d’autres moyens. A cette fin, nous invitons d’ores et déjà tous les Colombiennes et les Colombiens qui souhaitent participer à la construction d’une opposition de gauche porteuse de propositions radicales et concrètes à nous rejoindre. D’autres rendez-vous nous attendent. A commencer par la « marche du Ras-le-bol de gauche ».

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