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Vidéosurveillance (24 septembre 2009)

J’ai voté contre la remise aux normes du système de vidéosurveillance (abusivement qualifié de « vidéoprotection » dans la délibération qui nous était proposée), lors du conseil municipal du 24 septembre 2009. En voici les raisons:

Mes chers collègues,

Je n’approuverai pas la résolution qui nous est proposée. Par principe – pas uniquement – mais en premier, car les principes comptent.

L’histoire de ces 30 dernières années nous enseigne que chaque fois que la gauche s’est éloignée de ses principes, elle a ruiné l’espoir que la population avait placé en elle et perdu le soutien de ceux qui l’avaient porté au pouvoir.

Or, le Parti de gauche que je représente, préfère la présence humaine à la vidéosurveillance. Il estime par ailleurs que la sécurité est avant tout affaire d’Etat, un Etat garant de l’égalité des citoyens.

Cela étant dit, j’ai lu attentivement le résultat de l’audit et écouté  les explications qui nous ont été données par le cabinet ACTIF. J’observe que seuls 2,2% des crimes et délits recensés sur la commune l’ont été par la vidéosurveillance et cela pour un prix  de  2,8 millions d’euros cumulés depuis l’origine de l’installation.

Autant dire qu’en regard du service rendu à la collectivité le coût de la vidéosurveillance est disproportionné.

Ce constat n’est pas surprenant. Il confirme toutes les études sérieuses menées sur l’impact et l’efficacité de la vidéosurveillance, notamment au Royaume-Uni.

Les travaux des criminologues britanniques menés depuis plus de 15 ans arrivent tous aux mêmes conclusions.

–         La vidéosurveillance n’a pas d’effets dissuasifs sur les infractions les plus graves commises contre les personnes ou les biens (homicides, viols, agressions, attaques à main armée, etc.).

De même que sur les comportements de nature impulsive souvent liés à la consommation d’alcool ou de drogues ou sur les délinquants « professionnels», qui savent déjouer la surveillance.

Ces études sont si peu contestées Outre-Manche que le conservateur anglais David Davis, appelait récemment à un « réexamen profond » des budgets investis : « La vidéosurveillance se solde par des dépenses massives et une efficacité minimale. C’est une énorme intrusion dans la vie privée, pour peu ou pas d’amélioration de la sécurité. »

Pourquoi ne tirer aucun enseignement de l’expérience de nos voisins ?

A Colombes, un réexamen profond du système mis en place était nécessaire. Je n’ai pas le sentiment qu’il ait été mené comme il convenait.

Le débat que nous aurions dû avoir est resté confiné dans cette enceinte. Et cela contrairement aux engagements pris lors du CM de décembre, de mettre en place un « groupe de travail politique rassemblant toutes les formations qui souhaitent réfléchir, discuter, échanger sur ce sujet de la vidéosurveillance et suivre d’une certaine manière l’audit ». De même, on attend toujours la commission d’éthique promise pour « le mois de février ».

Brièvement, je veux faire ici écho à quelques objections et interrogations que beaucoup de nos concitoyens n’auraient pas manqué de soulever si ce débat avait eu lieu.

1 / Il n’est pas acceptable que l’Etat supprime des milliers d’emploi dans la police nationale, y compris dans notre commune, et remplace ces fonctionnaires par de la vidéosurveillance et des policiers municipaux à la charge des communes.

2°/ Vu nos difficultés budgétaires dans cette période, la part du budget qui sera consacrée à maintenir et entretenir le système de vidéosurveillance ne serait-elle pas mieux employée à développer des projets qui recréent du lien social ? La délinquance a des causes profondes qui tiennent aux conditions sociales et à la qualité de la vie, au bien-être dont bénéficie ou non la population et non à un dispositif de surveillance.

3°/Pour faire reculer la délinquance et assurer le droit de chacun à la sûreté, nous n’avons pas besoin de caméras, comme le gouvernement de Nicolas Sarkozy le réclame. Il nous faut engager des actions de médiation et de prévention de la délinquance des mineurs, prévenir les violences intrafamiliales et les violences faites aux femmes, lutter contre l’échec scolaire, créer des postes de travailleurs sociaux dans les commissariats…

Monsieur le Maire, en élisant une nouvelle équipe municipale en 2008, les Colombiennes et les Colombiens ont marqué le souhait d’une rupture avec la gestion de la droite. Sur la vidéosurveillance comme en matière sociale. La décision que vous nous demandez d’avaliser ce soir sur la vidéosurveillance ne va pas dans ce sens. Le danger est qu’elle soit interprétée comme un renoncement.

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La position du PG sur ce dossier a aussi été exposée dans un tract distribué à l’entrée du conseil municipal.

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